Angel_Dominique-Pièce_supplémentaire_2

Virginie Hervieu

Virginie Hervieu, Sans titre, 2009
Laine
170 x 40 x 12 cm

Née en 1970 à Mortain
Vit et travaille à Marseille

"Virginie Hervieu-Monnet compose des ensembles comme avec des notes de musique. Les formes qu’elle produit sont les éléments parfois singuliers, parfois réitérés, de ses arrangements. Ceux-ci ne sont pas des répertoires ou des accumulations, mais des compositions assez rigoureuses, qui se construisent comme des ondes se propagent, en fonction du lieu. On ne parlera cependant pas d’installation : les éléments restent séparables, tous sont capables d’autonomie, tous ont le même statut, comme dans le cas de Circonvolutions, six boules bleues, et leur organisation dans un espace donné est l’indication d’un possible, qui ouvre vers d’autres virtualités. Du coup, l’espace n’est pas occupé. Il serait plutôt visité, vecteur d’une proposition formelle. Il offre une liberté aux formes, comme au spectateur, qui se déplace, s’essayant à divers points de vue, qui embrasse du regard l’ensemble ou en sélectionne un moment.

Quand Virginie Hervieu-Monnet parle de son travail, elle ne met pas l’accent sur ces aspects. Elle en parle en terme de pétrochimie et d’expérimentation. Au départ, des matières plastiques ; à l’arrivée, des sculptures dont la physionomie provient de la conciliation entre un geste simple et un matériau particulier. Entre les deux, un travail expérimental, qui explore les matériaux, leur composition, leurs propriétés et le processus de leur fabrication. Le nom des œuvres exprime diverses combinaisons de ces variables : "contexture", "folioforme", "circonvolution", "écheveau", "pellucide", "ductile", "rhizome", etc.

Virginie Hervieu-Monnet ne prétend pas apporter de nouvelles formes. Son attention se focalise sur ce rapport très particulier entre constituer les matériaux d’un travail et achever des pièces qui relèvent de la sculpture.

L’expérimentation qu’elle conduit la mène dans les méandres en nombre apparemment infinis des polymères, matériaux à caractères hybrides, malléables, mous ou ayant l’apparence de la mollesse, récupérables, gratuits aussi, et existant en grande quantité, un peu dans la tradition de l’Arte Povera. Elle a commencé par l’exploration des plastiques en polyéthylène, poches petites ou grandes ramassées ici et là, qu’elle tisse, découpe, noue ou fait fondre, par exemple avec un fer à repasser. Elle en a fait des surfaces murales (Partitions), des sortes de tapis tissés (Contexture), des éléments froncés (Écheveau). Plus tard, elle est passée de la fabrication d’une matière à celle du matériau lui-même. Lors d’une résidence à l’île du Frioul, elle explore les processus de dégradation et de modification du plastique en le soumettant aux effets des éléments, soleil, pluie, vent. Il en provient des pièces générées par thermoformage. Elle passe ensuite l’automne au laboratoire du département de Chimie Fine et Ingénierie de l’Institut National des Sciences Appliquées de Rouen, où elle mène en compagnie d’élèves ingénieurs des expériences plastiques sur les matériaux polymères. Là, elle se confronte à des « nouveaux matériaux » et teste des matériaux aux propriétés hybrides à mémoire de forme, gels, silicones, polyacrylamides, bougie molle, polystyrène choc en billes, ou sans mémoire de forme, Slime, Glaxmol, Silly Putty."

Extrait du texte de Joëlle Zask, "À l'écoute de la matière" dans le catalogue "Typologie des Formes", ed. Cravan, coll. Guillemot, janvier 2005

POUR ALLER PLUS LOIN

1908-Ford-Model-T.jpg
Activité
Virginie Hervieu
14 février – 15 avril 2017
1908-Ford-Model-T.jpg
1908-Ford-Model-T.jpg